«De nombreux ponts cachent des histoires»
200 ans de la Mobilière, 7 ans du fonds, 100 projets de ponts soutenus: quels objectifs avez-vous jusqu’à présent atteints avec cet engagement?
Martina Marchesi: Le nombre de 100 projets soutenus est à lui seul déjà un beau résultat. En soutenant des projets de ponts sur le réseau des chemins de randonnée pédestre ces dernières années, nous avons pu, conformément à la devise de notre jubilé «Ensemble, c’est mieux» et en collaboration avec Suisse Rando, contribuer au rapprochement des régions et des gens dans toutes les régions de Suisse.
Portrait
Martina Marchesi a grandi dans le Valposchiavo. Après un apprentissage de dessinatrice en bâtiment à Zurich, elle a étudié la politique et les sciences de l’environnement et travaille depuis plus de 20 ans dans le domaine du développement durable. Depuis cinq ans, cette femme de 55 ans dirige le service Développement durable de l’assurance la Mobilière. Elle vit dans la région de Zurich.
Quelles sont les prochaines étapes?
Le changement climatique et le sujet des dangers naturels représenteront un défi croissant, y compris sur les chemins de randonnée pédestre. Les ponts et passerelles sont régulièrement endommagés ou détruits par des avalanches, des glissements de terrain, des inondations ou des chutes de pierres. Cela définira encore plus le travail des responsables des chemins de randonnée pédestre à l’avenir. En outre, l’aspect social reste au centre de l’attention: la randonnée est le sport de masse préféré de la population suisse. Elle est bonne pour la santé et aide de nombreuses personnes à déconnecter et à éliminer le stress. Elle pourrait même être qualifiée de mesure de résilience. Avec le «Fonds ponts et passerelles», nous y apportons notre contribution.
Comment cet engagement est-il né? Et pourquoi en faveur des ponts en particulier?
Nous étions à la recherche d’un projet visible et durable profitant au plus grand nombre possible de personnes dans toute la Suisse. Pour les communes et les associations cantonales de tourisme pédestre, la construction ou le remplacement de ponts et de passerelles représente souvent une lourde charge financière. Il en a résulté une solution qui profite à la fois aux communes et aux associations de tourisme pédestre. La symbolique des ponts, qui font le lien, s’inscrit aussi parfaitement dans notre philosophie d’entreprise.
Combien d’argent a été investi jusqu’à présent dans la rénovation et le remplacement de ponts et de passerelles?
Le partenariat entre la Mobilière et Suisse Rando existe depuis huit ans. Nous soutenons des projets concrets depuis sept ans. Depuis, 350 000 francs sont versés au fonds chaque année.
D’où vient cet argent?
En tant que coopérative, nous faisons participer notre clientèle à la réussite et nous nous engageons par ailleurs pour la collectivité.
Comment vous assurez-vous que l’argent est utilisé à bon escient partout?
L’attribution des ressources est clairement réglementée et publiquement consultable pour le fonds. Les spécialistes de Suisse Rando examinent les demandes. Une fois par an, un jury composé de représentantes et représentants de la Mobilière et de Suisse Rando décide quels projets seront concrètement soutenus.
Parmi les 100 projets déjà réalisés, quel est votre projet préféré?
Je n’ai pas vraiment de projet préféré, mais de nombreux ponts cachent des histoires particulières. Pendant les intempéries de l’été 2024, plus d’une vingtaine de ponts ont par exemple été endommagés dans la vallée de Conches. Le soutien de différents partenaires a entre-temps déjà permis de reconstruire et de rouvrir plusieurs ponts. Autre bel exemple: dans une zone de loisirs de proximité de la région de Münchwilen, en Thurgovie, la passerelle Frauwissteg existante a été remplacée par une construction plus large. Elle est désormais accessible aux fauteuils roulants et plus facile à utiliser par les résidentes et résidents du centre pour personnes polyhandicapées situé à proximité.
Empruntez-vous souvent vous-même les ponts de la Mobilière?
J’aime beaucoup me promener dans la nature et il m’arrive donc de traverser des ponts soutenus par le fonds. De plus, j’ai parfois l’occasion d’assister à des inaugurations, comme récemment à celle du pont du Diable, près de Kemmeribodenbad. Trois communes se sont réunies pour reconstruire ce pont détruit par les intempéries. Le nouveau pont suspendu est très impressionnant.
Recevez-vous des retours de randonneuses et randonneurs sur des projets de ponts réalisés?
Les retours sont principalement adressés à nos agences générales sur place. L’engagement est perçu et très apprécié par la population et les médias au niveau local. Il m’arrive aussi de recevoir des photos ou des messages de mon entourage, par exemple lorsque la randonnée préférée d’une connaissance est devenue plus sûre ou plus agréable grâce à un nouveau pont.
Il existe un autre projet dans le cadre du bicentenaire, baptisé «Suissepartout». De quoi s’agit-il?
Il s’agit là aussi de découvrir la Suisse ensemble. Les collaboratrices et collaborateurs de nos 80 agences générales ont élaboré 80 itinéraires avec leurs points forts locaux. Certains mènent également sur des ponts et des passerelles soutenus par le Fonds Mobilière. Par exemple via le pont en bois de Môtiers, dans le val de Travers.
Le pont en bois près de Môtiers, dans le val de Travers (NE), a été soutenu financièrement par la Mobilière. © Nicole Matschoss
Outre Suisse Rando, la Mobilière est partenaire du CAS. Pourquoi un tel engagement en montagne?
Nous voulons nous engager dans toute la Suisse et faisons bien sûr aussi beaucoup dans les zones urbaines, par exemple avec des projets de prévention pour la protection contre les dangers naturels ou avec l’engagement en faveur des villes éponges visant à atténuer les conséquences du changement climatique. Les montagnes font toutefois aussi partie de la Suisse. Nous nous y engageons en faveur d’une plus grande résilience dans l’espace alpin. Nous nous concentrons sur les ponts pour les chemins de randonnée pédestre et sur l’approvisionnement durable en eau et en énergie pour les cabanes du CAS.